Henry laisse éclater sa joie et
rentre un peu plus dans l'histoire
Si la semaine bleue de
septembre n'avait ramené qu'un petit point, celle-ci permet
aux Bleus d'en glaner 6, soit 3 de plus que l'Ecosse, battue en
Georgie, et l'Italie, exemptée. Si on
rumine, on doit dire que la France aurait dû hier soir
être qualifiée. La victoire fût longue à
se dessiner malgré la présence offensive
Ribéry - Malouda - Henry - Benzema. Très vite, la
France tentait d'assommer la Lituanie, très regroupée
et très dépassée. Benzema montrait toutes ses
qualités et l'attaque française obtenait corners et
coups francs aisément. Une première frappe
déviée sur la barre par un gardien tantôt
brillant, tantôt se trouant. Puis la demi-volée de
Malouda s'écrasait sous le desous de la barre. Après
20 minutes, une baisse de régime logique permettait aux
Lituaniens d'approcher la surface et un exploit individuel faillit
leur offrir un but splendide d'une frappe enroulée du gauche
heurtant encore le poteau. Retrouvant leur Landreau, les poteaux de
la Beaujoire donnaient un coup de pouce au portier français
de meilleure façon que ceux du Stade de France. La France
continuait à attaquer par vagues avec un Ribéry
tonitruant intercalé entre les lignes. Benzema
persévérait dans ses prises de balles mais les
redoublements de passe échouaient souvent sur un pied
lituanien en corner ou sur une absence de présence bleue au
second poteau.
Rageant donc était le
0-0 à la mi-temps mais le public nantais, beaucoup plus
supporter que celui du Stade de France, ne
désespérait pas. Néanmoins, les défauts
de la France réapparaissaient avec un manque dans la
finition et une fébrilité
défensive.
La charnière
Thuram-Gallas, avec peu de travail, n'a pas été
à son meilleur niveau. L'ancien Thuram n'a plus sa
vivacité d'antan alors que Gallas était de retour
à la compétition. Du coup, les duels aériens
étaient lituaniens avec parfois du laxisme
avéré dans notre surface de réparation tant
dans le jeu long à la retombée que sur les coups de
pied arrêté, bien que ceux-ci se soient
raréfiés. Devant, l'inefficacité était
parlante sur les coups de pied arrêtés. Si
Ribéry était plutôt bon dans l'excercice,
peu de présence devant le but. Thuram, Abidal et Diarra
couvraient les arrières tandis que
Makélélé et Toulalan ne sont pas des joueurs
de tête. Ils se sont d'ailleurs cantonnés à un
rôle de récupérateurs. 5 joueurs+1 tireur=6
joueurs de champ non concernés sur corners! Lorsque l'on
sait que Malouda, Henry ou Benzema ne sont pas des foudres de
guerre en la matière, seul Gallas pouvait effrayer les
montagnes baltes. Du coup, peu d'occasion.
La seconde mi-temps vit une
organisation nouvelle quand Diarra (pas trop à son aise dans
son couloir d'arrière droit) était remplacé
par Ben Arfa à l'heure de jeu. Domenech tentait l'audace
pour une fois mais déjà on avait entraperçu un
tel systéme de jeu aux
Féroé. A Torshavn, Sagna et Evra étaient
quasiment en milieu de terrain et laissaient une charnière
à trois Abidal-Makélélé-Thuram. Cela a
permis un apport offensif probant pour le résultat que l'on
connait. A Nantes, le trio était Abidal-Gallas-Thuram avec
un Thuram perforant son couloir droit comme dans ses plus belles
années. Ainsi, la France jouait en une sorte de 3-2-3-2 avec
Toulalan-Makélélé à la
récupération, Benzema-Henry à la finition et
Malouda-Ribéry-Ben Arfa à la baguette.
Problème, la France ne tenait pas malgré les coups de
boutoir et quelques accrochages dans la surface qui auraient
mérités le point de pénaltie. Pire, on sentait
les Bleus douter et se marcher dessus sur le coté gauche.
Mais de ce coté vint la lumière avec Ben Arfa qui
insistait en débordement et trouvait au point de
pénaltie Henry qui frappait, Ribéry déviait
à peine, et le ballon passait sous le ventre du portier
balte. Sur l'engagement Toulalan lançait en profondeur Henry
qui filait seul au but dans une chevauchée de 40
mètres et de son plat du pied classique obtenait le record
de meilleur buteur en équipe de France détenu par
Platini.
Coup de chapeau à Henry
souvent décrié par nombre de supporters de football
mais acclamé par le public nantais connaisseur. Ce joueur
déjà décisif en Irlande puis contre le
Brésil a terminé deux fois meilleurs buteurs des
Bleus en Coupe du Monde (3 buts en 98 et 2006). Il a inscrit 43
buts en moins d'une centaine de sélections ce qui fait un
but tous les deux matchs...bravo et tant pis pour les mauvaises
langues! Autre joueur qui explose véritablement cette
saison:Toulalan. Retrouvant son terrain de naissance, l'ex Canari a
fait un match sompteux. Ce joueur avec sa chevelure grisonnante n'a
que 23 ans et parait fatigué au bout de 20 minutes de jeu.
Mais c'est un diesel! Jusqu'a le dernière minute, il courre,
récupère, relance...j'ose le comparer à
Gattuso dans son abnégation à récupérer
les ballons, à gagner des duels. Alors certe sa relance est
à parfaire mais au coté de
Makélélé ou en club de Juninho, il apprend
vite.
La victoire
méritée propulse la France en tête de son
groupe. En effet, l'Ecosse a craqué (enfin!) en Georgie
(0-2). La France elle n'a jamais tremblé contre les "petits"
: 6 matchs, 6 victoires. La prochaine journée permettra
à la France d'assister, exemptée, au terrible
Ecosse-Italie. Pour l'heure, la France possède 1 point
d'avance sur l'Ecosse et 2 sur l'Italie. Mais l'Italie recevra les
Féroé alors que l'Ecosse n'aura plus de match. Donc
en réalité, l'Italie devance la France d'1 point et
l'Ecosse de 2. Résultat:
- si l'Italie bat l'Ecosse, la France est
qualifiée sans jouer.
- Si l'Ecosse bat l'Italie, la France devra
obtenir un nul ce qui éliminera l'Italie à la
différence particulière.
- Si l'Ecosse et l'Italie se neutralisent, un nul suffit à la France ce qui éliminera l'Ecosse.
Voilà la belle affaire,
le France ira en Ukraine pour ne pas perdre sauf si l'Italie bat
l'Ecosse. Dans ce cas, le champagne pourra être ouvert. Sans
crier à la qualification, la situation est meilleure qu'il y
a deux jours!
Alors forza
Italiaaaaaaaaaaaaaa!