Arshavin est à l'image de la Russie flamboyant
Un Russe ballon d'or est-ce possible? Le meneur de jeu russe Arshavin est en train de démontrer tout le talent dont il se pare. Agé de 27 ans, chouchouté au Zénith St Petersbourg avec qui il a remporté la Coupe de l'UEFA, Arshavin sublime un peu plus sa sélection nationale aux multiples atouts. Hormis l'OVNI turc qui passe à l'arrachée à chaque match, la Russie d'Hiddink prouve que le jeu mobile, à ras-terre, en passes courtes, est possible. Si contre l'Espagne lors du premier match, la défaite était trop large pour être vraie, la Suède, la Grèce et les Pays-Bas ont craqué devant l'enthousiasmant jeu développé. Sans conteste révélation européenne de l'année, les Anglais comprennent sans doute mieux pourquoi ils ont été boutés hors de la Suisse et de l'Autriche et ont sans doute moins de regrets à avoir. De là à ce que la Russie reparte avec la Coupe, il y a encore deux matchs. De là à ce qu'Arshavine vienne ennuyer Cristiano Ronaldo pour le Ballon d'Or...il y a encore deux matchs et derrière quelques mois de compétition, soit au Zénith qui joue la Ligue des Champions, soit dans un grand d'Europe (Arsenal, Chelsea, Barcelone, Inter Milan), donc en Ligue des Champions. Affaire à suivre...
Coté compétition, les matchs à élimination directe ont été une fois de plus sans pitié pour les Pays-bas qui se sont vus trop beaux mais dont les carences défensives entraperçues en phase de groupe se sont montrées trop fortes. D'ailleurs, il faut souligner que les équipes du groupe de la mort sont toutes en vacances. Il me semble d'ailleurs qu'à chaque fois qu'un groupe d'un tel niveau au départ est désigné par le tirage au sort (voir 2002 : Argentine, Suède, Angleterre, Nigéria, ou 2006 : Argentine, Pays-Bas, Côte d'Ivoire, Serbie-Monténégro), les formations qui s'en sortent ne vont jamais au bout. Une montée en puissance est nécessaire et jouer trop bien trop vite est parfois rédhibitoire lorsque les événements jouent contre vous dans de tels matchs. Exit donc Pays-Bas vaincus par plus fort. Exit l'Italie éliminée à la séance des tirs au but comme souvent dans les grandes compétitions (pour exemples, les coupes du Monde : 90-94-98). Il faut dire que les Italiens privés de Pirlo n'ont pas effectué un bel Euro sauvant tout juste leur honneur contre la France. Cette partie offre donc un remake Russie-Espagne. Les Espagnols peuvent espérer s'offrir un trophée à condition de mieux gérer la demi-finale que le quart. Cet Italie-Espagne m'a terriblement fait penser aux nombreux matchs de la France, sans ambition, sans gnac, où il ne faut surtout pas prendre de buts. Les Russes sont peut-être pour une fois attendus au tournant et les Espagnols ont vaincu le signe indien : avantage à la Roja.
De l'autre, l'Allemagne affrontera la Turquie. Les Turcs ont d'ailleurs de gros soucis d'effectif avec 5 blessés (dont Emre et Nihat) et 4 suspendus ce qui ne laisse guère d'opportunité à Terim pour faire la composition. Mais les Turcs ont sorti déjà des matchs énormes en terme de mentalité en éliminant, la Suisse, la Rép. Tchèque et la Croatie dans les dernières minutes, retournant une situation mal embarquée. Souvenons-nous que cette équipe est allée chercher sa qualification pour cet Euro en gagnant en Norvège (2/1) lors de l'ultime journée. La marche semble malgré tout plus haute. Le colosse allemand a engrangé énormément de confiance à l'image des Ballack, Podolski ou encore Schweinchteiger. Les deux derniers cités sont d'ailleurs barrés au Bayern de Munich par Toni, Ribéry...deux joueurs en vacances aujourd'hui! L'Allemagne est le grand favori depuis le début et la défaite contre la Croatie a sans doute évité à la Mannschaft de se croire arriver. On constate une chose dans cet Euro : la partie dégagée des groupes A et B a offert sa finale Allemagne-Portugal dès les 1/4. En face, la bataille rangée des groupes C et D a éliminé du beau monde avec la France et la Grèce (champion en titre) dès les poules puis l'Italie et la Hollande en 1/4. L'équipe qui sortira des 1/2 finale sera sans doute bien plus fatiguée nerveusement et physiquement que l'autre finaliste surtout s'il s'agit comme je le pense de l'Allemagne.
Mon pronosctic continue d'aller sur l'Allemagne, vainqueur contre l'Espagne en finale. Au passage si l'Espagne ne parvient pas en finale, je crois que les Espagnols auront du mal à croire en des jours plus victorieux. Cependant, si Arshavin continue de s'illustrer, ce ne sera pas simple.



