Coupe du Monde - Bilan  posté le lundi 24 juillet 2006 17:28

Après avoir digéré le gros mois de football dû à cette Coupe du Monde germanique, il nous semble justifié avec le recul de tenter de ressortir quelques clefs de lecture de celle-ci.

Un ordre établi

Parmis les 8 quart de finaliste, 6 avaient déjà brocardé au moins une étoile sur leur tunique. Seule manquait à l'appel l'Uruguay éliminé par l'Australie en match de barrage mais depuis longtemps loin du niveau d'antan. Les seuls invités étaient l'Ukraine de Shevchenko et le Portugal de Deco. Quoi de plus logique de retrouver deux anciens vainqueurs en finale!

Pas de surprise

La Coupe du Monde nous habitue à chacune de ces éditions à une ou plusieurs surprises : Cameroun (90), Nigéria, Roumanie, Bulgarie (94), Croatie (98), Corée du Sud, Turquie, Sénégal, Etats-Unis (02). Et bie nforce est de constater que le cru 2006 n'a pas amené son vent de fraicheur. L'Ukraine a profité d'adversaires bien faibles (Arabie Saoudite), d'un arbitrage clément (Tunisie) et de sang froid au tirs au but (Suisse). Les Helvètes justement sont partis frustrés certainement n'ayant au final pas démontré grand chose malgré un potentiel évident. L'Espagne n'a pas su passer les cols hors catégorie après avoir flambée dans les côtes de catégories inférieures. L'Equateur s'est montré bon sur deux matchs puis apathique sur les deux autres. Néanmoins, les sud-américains à l'instar des Australiens et des Ghanéens repartent comblés d'avoir franchi le tour préliminaire démontrant au monde du football que leur place n'était pas usurpée.
Au final, on retiendra surtout la bonne surprise portugaise poursuivant son positionnement au sommet de la sphère footballistique, enchainant une demi-finale (meilleure performance lusitanienne en coupe du monde avec la génération Eusébio) après une finale perdue à domicile lors de l'Euro 2004.

Les échecs

Le plus retentissant restera l'épopée écourtée du Brésil. Incapables de trouver la faille contre la France, incapables de former un bloc-équipe, incapables de mettre en valeur leurs individualités, les Auriverde n'auront jamais convaincu. La peur qu'ils ont inspiré à leurs adversaires ont sans doute gommé les lacunes en début de tournoi entraperçues pourtant lors de chaque rencontre : la Croatie faisait largement jeu égal, l'Australie a tenu le choc, le Japon a ouvert la marque et le Ghana a dominé. Longtemps on a bien crû que le Brésil se réservait mais la France a sonné le glas des espoirs d'une 6ème étoile. Les voilà donc à le merci de l'Italie et ce dès la prochaine coupe du monde!
Autres couacs : les USA n'ont pas été au niveau escompté tant leur domination en zone CONCACAF semble irrémédiable même si le groupe n'était (guère évident (Italie, Ghana, Rép Tchèque). Les Tchèques après avoir détonné devant les USA (3-0), la bande à Rosicky s'est éteinte littéralement face au Ghana où la sanction au vu du match semble bien légère (2-0). Privés de Koller et Baros blessés, les coéquipiers du gardien Petr Cech ont dit adieu à leur star Pavel Nedved sorti par la petite porte.
Dans ces phases de poule, on peut rajouter les sorties sans saveur de la Tunisie, le Corée du Sud, le Japon, la Pologne, la Serbie-Monténégro, le Paraguay ou la Croatie.
Enfin dans les phases finales, l'Argentine impressionnante a succombé à une grossière erreur de coaching, Pekerman faisant sortir à 1-0 le stratège Riquelme annonçant à toute l'Allemagne "Allez-y attaquer, nous on ne bouge plus"...dommage.
A ce rayon, l'Angleterre, si pâle, les Pays-Bas, individualistes et méchants, un Mexique moins reluisant qu'il ya un an, la Suède irrégulière mais a sa place, passent en partie à coté de leur sujet ou, disons, n'ont pas atteint des objectifs plus hauts que leur statut ne leur permet.

Les belles aventures

Sans aucun doute, la plus belle est celle qui se termine par le fait de soulever la Coupe. L'Italie où Lippi et Buffon ont failli ne pas prendre part à l'aventure a réussi alors qu'on ne l'attendait pas si haut avec les affaires de justice en cours. Liés face à l'adversité les Transalpins ont le mérite d'être sortis de leur poule sans trop trembler malgré un nul risque face aux USA malgré les blessés ou exclus (De Rossi puis Materrazzi en 8ème, Nesta ou Totti). Ils ont ensuite profité d'un tirage favorable puisque ni l'Australie étrangement inoffensive ni l'Ukraine limitée n'avaient de quoi embéter la Squadra Azurra qui finit par se rassurer lors de la prolongation de la...demi-finale face au pays hôte. L'étoile est pour eux qui ont si souvent chuté aux tirs au but depuis leur dernier succès en 82.
Autre belle histoire celle de Zidane et de la France. Complètement sous pression, les Bleus ont peiné en poule devant de modestes adversaires et un arbitrage contraire à la réalité. La montée en puissance a trouvé son chemin dès les matchs à élimination directe puisque l'Espagne, le Brésil et le Portugal sont passés à la trappe. Le seul bémol restera à jamais une finale non aboutie à cause d'un pénalty...
Les autres sélections heureuses sont évidemment les demi-finalistes Allemangne et Portugal. Le pays hôte et son sélectionneur Klinsmann si souvent décriés ont réussi à amener l'Allemagne à un jeu tourné vers l'avant ce qui a eu pour conséquence le ralliement de tout un peuple derrière sa Mannschaft. Il aura manqué un brin d'expérience (suspension de Frings) pour aller voir plus loin. Reste à savoir si cette jeune équipe deviendra grande!

Mention spéciale

De façon très personnel je salue le parcours de la Cote d'Ivoire. Eliminés en poule, les Elephants ont cependant prouvé leur potentiel. Menés par trois fois 2-0 en 30 minutes, ils n'ont jamais explosé, ont toujours lutté montrant des qualités physique, technique et tactique dignes de grandes sélections. Malheureusement ils n'ont pas su être assez réguliers pour franchir le groupe de la mort. Ce groupe de la mort qui au bilan n'a pu envoyer qu'un de ses membres en 1/4 de finale (Argentine) ce qui prouve bien que "qui veut voyager loin ménage sa monture"...ce groupe ne le permettait apparement pas puisqu'il fallait d'entrée sortir des gros matchs pur s'extirper de celui-ci.

Merci enfin aux "petites" nations du football : Angola, Togo, Iran, Arabie Saoudite, Trinidad-et-Tobago ou Costa Rica qui sans être des sélections très professionalisées et structurées ont su se montrer à la hauteur de l'évenement.

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Retour sur Italie-Ukraine  posté le lundi 03 juillet 2006 15:34

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La Squadra Azura poursuit son bonhomme de chemin

L'Italie était archi-favorite devant le novice ukrainien et n'a pas raté la marche. L'entame de feu réussit par les Transalpins leur a permis de gérer l'Ukraine pour le reste du match.

Zambrotta lançait les hostilités. Homme à tout faire dans cette équipe, il prit sa chance à 30 mètres et plaça le ballon dans le soupirail, Chovchosky ne put que l'effleurer. L'Italie ensuite géra la rencontre en se pliant volontiers aux tâches défensives. La révolte ukrainienne, privée de Voronin partenaire priviligé de Chevchenko en attaque, battit son plein en début de seconde période où Buffon sortit le grand jeu. Il écoueura les ukrainiens à lui tout seul bien aidé par un Canavaro exceptionnel lui aussi. Privée de Nesta blessé et de Materazzi suspendu, la défense italienne repoussa parfois difficilement l'Ukraine en attendant de doubler la mise. Totti conservait bien le ballon mais c'est Luca Toni sur une défense bien naïve qui conlut un centre venant de la gauche à bout portant de la tête. Toni, meilleur buteur de Calcio récidivait après un centre décisif de Zambrotta. L'Italie enterrait donc les espoirs ukrainiens malgré un dernier exploit de Shevchenko le long de la ligne de but.

L'Ukraine avait réussi sa coupe du monde et pouvait rentrer au pays avec dans l'escarcelle deux victoires, un nul et deux défaites. On reverra l'évolution de cette équipe en France puisque les Bleus et les Ukrainiens sont dans la même poule qualificative (avec l'Italie!) pour l'Euro 2008 qui se déroulera en Suisse et en Autriche.

L'Italie rendait ensuite hommage à Pessoto hospitalisé après une tentative de suicide liée certainement au scandale qui mine le Calcio. Les hommes du stratège Lippi répondent pleinement aux objectifs comme on pouvait l'anticiper même si face à l'Australie ils ont bénéficié d'une grosse faute d'arbitrage. La demi-finale face à l'Allemagne s'annonce serrée même si ces duels dans l'histoire de la Coupe du Monde sont rentrés dans l'histoire avec notamment quelques retournements de situation étonnants.

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Retour sur Argentine-Allemagne  posté le lundi 03 juillet 2006 12:33

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Ayala doit connaitre l'adage : "le plus dur ce n'est pas la chute, c'est l'aterrissage"

L'Argentine est une super équipe avec de grands manieurs de ballons. Sa jeunesse offensive alliée à la grinta expérimentée défensive leur assuraient une ambition logique dans cette Coupe du Monde d'aller au-delà des 1/4 de finale.

L'Argentine sûre de ses forces après une phase de poule enlevée de mains de maître avait certe souffert face au Mexique en encaissant une but un peu rapidemment en 1/8ème de finale mais face aux Allemands rien ne laissait paraître de l'inquiétude. Tevez avait remplacé Saviola émoussé et Riquelme était à la manoeuvre. Le début de match était un véritable round d'observation entre deux formations pourtant joueuses. Les Allemands avaient reconduit le duo Klose-Podolski (que la Pologne doit regretter d'ailleurs étant tous les deux d'origine polonaise) et un milieu de terrain hargneux. Pourtant la Mannschaft parut au bout de 20 minutes empruntée voire fatiguée. Il faut dire que les Albiceltes de Pekerman monopolisaient le ballon comme jamais grâce à son précieux meneur de jeu et ses petits gabarits vifs et percutants. L'Argentine avait mis l'Allemagne sous l'éteignoir pour mieux l'attaquer dès l'entame de seconde mi-temps sur un...coup de pied arrêté. Riquelme le tirait parfaitement et Ayala malgré la défense irrégulière de Klose placa un coup de boule piqué entre Lehman et le défenseur Lahm au premier poteau. L'Argentine menait logiquement.

Et puis si le coté technique ou physique du football peut rentrer un compte, il existe aussi le coté tactique et Pekerman nous a fait la plus grosse boulette de ce Mondial. Voulant gérer le score à 20 minutes de la fin, il remplaça...Riquelme par Cambiasso, son meneur de jeu par un récupérateur. Il envoyait un signe fort aux...Allemands de Klinsmann, l'Argentine se contenterait dès lors de défendre. Ajoutons à cela la blessure du gardien argentin qui usita un autre changement puis la sortie de Crespo pour la rentrée de...Cruz et voilà l'Argentine privée de sa perle Messi ou d'un Saviola travailleur. Ni une ni deux les Allemands attaquèrent sans trouver de grosse faille jusqu'à un centre de Ballack perclu de crampes - déjà - une déviation de la tête de l'entrant Borowski et voilà Klose inexistant jusqu'alors devançant Sorin pour fusiller de la tête le gardien remplaçant Léo Franco.

1-1 balle au centre...problème à 10 minutes de la fin, l'Argentine se retrouve sans fond de jeu pour attaquer puisque privée de Riquelme. L'Allemagne n'en profitait pas et baissait nettement de pied physiquement ce qui amena tranquillement la séance de tirs-au-but...comme un certain 1/4 de finale en 98 entre la France et l'Italie. Ayala s'élanca, parade de Lehman qui avait reçu juste avant un papier de l'entraineur des gardiens allemands Andreas Kopke (que les supporters Marseillais reconnaitront) qui donnait des indications sur les tireurs argentins. Le sans faute allemand ne laissait aucune opportunité à l'Argentine de recoller qui finit par s'effondrer sur sa 5ème tentative par Cambiasso qui fondit en larmes. Lehman leva le poing, l'Allemagne passait l'écueil argentin et renvoyait Pekerman à ses cauchemards et le peuple argentin à ses rêves perdus.

L'Allemagne poursuit sa route en demi-finale de ce Mondial où elle reste ma favorite. Son parcours est à l'image de celui de la France de 98, les similitudes sont criantes et Ballack pourrait signer un doublé de la tête en finale. Dommage cependant que la fin de rencontre se soit envenimée après les tirs-au-buts, preuve que les Allemands sentent monter la pression de l'échec si près du but...

Merci encore à l'Argentine pour son festival face à la Sebie-Monténégro (6-0) mais qui veut voyager loin ménage sa monture...décidément les adages en ce moment çà y va ;)

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Retour sur France-Espagne  posté le dimanche 02 juillet 2006 14:47

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Zidane-Ribéry, c'est la France qui gagne

La "furia rioja" voilà l'obstacle qui se présentait devant des Bleus sortis difficilement de sa poule et bien les Français avaient l'extincteur et ont su le faire fonctionner à merveilles.

Il faut dire que question motivation, les Espagnols nous avaient offerts de quoi en vouloir. La presse espagnole si confiante envers sa jeunesse en a oublié que l'Espagne n'a jamais rien fait en Coupe du Monde, chez eux ou ailleurs. Elle a surtout insisté comme beaucoup sur le coté vieillissant des Bleus et le jubilé de Zidane qu'avait prédit le journal Marca. Les joueurs avaient une foi inébranlable en eux après il est vrai un magnifique premier tour mais les adversaires étaient-ils costauds...la France ne leur faisait pas peur. Quant aux supporters, siffler l'hymne de l'adversaire, incroyable de bétises et indignes des Ibères. A croire qu'ils nous en veulent beaucoup et souhaitent avant tout notre perte.

Le match a lui rendu une toute autre image puisque si les Espagnols profitaient d'une faute de Thuram dans la surface pour ouvrir le score par Villa sur pénalty, les Français allaient monter en régime. Physiquement au dessus, techniquement retrouvé, Zidane et les siens, Vieira en tête, allaient égaliser avant la pause sur une récupération de Makélélé qui transmet à Vieira, Henry jors-jeu s'arrête perturbant une défense espagnole mal alignée. Le joueur de la Juventus sert parfaitement Ribéry lancé qui prend de vitesse Casillas avant de glisser tout juste le ballon au fond des filets malgré le retour conjugué de Puyol et Pernia.

La seconde période était solide dans un bon match de football où les Espagnols monopolisaient le ballon sans se créer la moindre occasion. Les Bleus conservaient leur ligne tactique sentant la confiance de leur coté. Un coup de pied comme souvent débloqué la situation à dix minutes de la fin Vieira seul au second poteau repris de la tête un coup-franc de Zidane. La France ne pouvait plus perdre devant des Espagnols éteints à court d'idées. Durant le temps additionnel, la France récupérait encore un ballon très haut et s'offrait une contre-attaque conclue par le Maître Zizou laissant Puyol à terre, tout un symbole.

Et la France s'offre un grand bol de bonheur avant d'affronter le Brésil en 1/4 de finale. Les Espagnols trop confiants retournent à leur gamme battus physiquement et techniquement et bien contenus tactiquement. Les Ibères reconnaitront à juste titre la supériorité française qui une fois n'est pas coutume s'est retrouvée lorsque l'opposition s'est élevée.

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Retour sur Brésil-Ghana  posté le dimanche 02 juillet 2006 14:26

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Le Brésil sûr de ses forces

Décrié Ronaldo a rappelé à tout le monde lors de son but devant le Ghana qu'il était toujours présent et décisif. Les Auriverde ont ensuite déroulé devant les Black Star ghanéennes privées d'Essien et trop respectueux des Champions du Monde en titre.

Pourtant les Ghanéens ont montré les lacunes d'une équipe brésilienne incapable de défendre en bloc et laissant des espaces entre les lignes incroyables. Malheureusement Hyppia ou Muntari n'ont pas pu cadrer ou appuyer leurs tirs malgré des positions de frappe bien amenées par un jeu de passes courtes. Le plus difficile reste la finition dans les 25 derniers mètres même si le tournant du match reste l'occasion sur...corner (aaaa ces Brésiliens) où un ghanéen seul à 5 mètres réalise une tête piquée intelligente que Dida est tout heureux de voir heurter sa jambe droite. Et comme en football tout va vite, le Brésil sur contre-attaque réussit à creuser un écart défintif juste avant la pause sur un hors-jeu d'Adriano. La seconde période sera une domination sans partage du Ghana qui ne réussira pas à forcer le verrou brésilien représenté par la charnière centrale Lucio-Juan qui a tenu la barraque. Car les Brésiliens n'ont que rarement joué malgré un troisième but en toute fin de partie du meilleur brésilien de le compétition sans doute (et peut être futur Bordelais!) Zé Roberto.

Le Ghana rentre au pays sous les viva de son peuple. Il a dignement représenté le continent africain même si avec moins de respect et un peu plus d'ambition, le Ghana aurait pu géner bien plus un Brésil trop installé dans ses certitudes. Espérons que le Brésil hissera son niveau de jeu car face à l'Espagne ou à la France, il le faudra.

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